G Arhant LTC

Guirec Arhant, le maire de Tréguier, n'était pas favorable, au départ, à l'intégration du Haut-Trégor à Lannion-Trégor communauté. Aujourd'hui, il y voit surtout des avantages.

Tréguier fait désormais partie de Lannion-Trégor communauté. S'il estime que l'ancienne cité épiscopale et capitale culturelle du Trégor y a naturellement toute sa place, son maire, Guirec Arhant, reconnaît, qu'au départ, il aurait préféré que le Haut-Trégor noue d'autres alliances.

« Le schéma préfectoral nous paraissait une structure gigantesque qui allait au-delà de ce que disait la loi NOTRe. Ça nous paraissait un peu énorme de passer de 16 000 à 100 000 habitants. Et beaucoup d'élus étaient favorables à une fusion car on devait tenir compte de nos voisins de la Presqu'île dans l'obligation de fusionner même si ça n'était pas notre cas (1). On se retrouvait donc potentiellement dans la boucle, mais on estimait qu'un mariage à trois - Pontrieux, la Presqu'île, le Haut-Trégor - ça pouvait fonctionner. Ça n'a pas pu se faire, on ne va pas y revenir. Maintenant, c'est parti, on y va. »

« Le risque qu'on soit noyés »

Plus question de continuer à ressasser le passé, d'autant que les réunions préparatoires organisées depuis un an entre les trois parties ont permis d'atténuer les inquiétudes initiales.

« C'est vrai qu'on se demandait si on aurait notre mot à dire, il y avait le risque qu'on soit noyés, qu'il y ait une perte de proximité avec le pouvoir de décision. Et puis, après, se sont mis en place les comités de pilotage-fusion auxquels participaient l'ensemble des maires et où on a pu voir l'évolution du projet dans les grandes lignes, les choses se sont apaisées progressivement et les inquiétudes ont, en très grande partie, disparu. On a commencé à prendre l'habitude de travailler ensemble et on a été relativement loin dans le travail de préparation. »

Des locaux pour l'école de musique

Concernant « Tréguier et le Haut Trégor, nous sommes arrivés avec notre projet de territoire et nos priorités. Nous avons, par exemple, une école de musique communautaire, nous avons les élèves, nous avons les enseignants, mais nous n'avons pas de locaux. Aujourd'hui, elle est dans des locaux provisoires qui ne sont pas adaptés et notre projet de territoire prévoyait la réalisation d'un équipement. On a déjà commencé à travailler en commun sur ce projet, j'espère qu'on va avancer assez vite là-dessus ».

« Un vrai changement »

Et, pour lui, les habitants vont aussi tirer profit de cette nouvelle donne.

Par exemple en matière d'habitat. Jusqu'ici, « c'était un champ relativement peu exploré par le Haut-Trégor, on avait quelques petites aides pour l'isolation, l'amélioration énergétique, mais c'était très modeste. Désormais, on va pouvoir accompagner réellement ceux qui veulent investir, engager des travaux, on pourra leur proposer un accompagnement technique mais aussi de nouvelles aides financières.Ça, c'est un vrai changement, et les gens n'en ont pas encore pris conscience. Ça va changer beaucoup de choses ».

« Plus-value pour les communes »

Les communes vont aussi en bénéficier: « La vraie plus-value c'est l'ingénierie qui constitue une force de frappe que n'ont pas nos petites collectivités. Le Haut-Trégor ne pouvait pas avoir un véritable service économique doté d'une technicité et de réseaux permettant de passer du stade de simple projet à l'accompagnement de la collectivité pour aller chercher d'autres porteurs de projets pour améliorer ce qui est déjà dans les cartons. Et ça donne plus de poids aux communes face aux acteurs économiques. En matière d'urbanisme, on va bénéficier de l'ingénierie et des bureaux d'études de l'agglo. Et c'est un avantage plutôt que de devoir faire appel à un cabinet privé extérieur à la région, d'autant que c'est mené par des gens qui connaissent bien le secteur. De même, pour l'assainissement, les compétences de LTC nous permettront d'avancer plus vite et d'aller plus loin dans nos projets. »

(1) La loi fixant un seuil minimum de 15 000 habitants aux communautés, la Presqu'île était condamnée à fusionner.