Le Conseil municipal s'est déroulé dans la Salle d'honneur de l'Hotel de Ville de Tréguier.

Trois grands sujets ont particulièrement alimenté les débats : points de vue du Premier Adjoint

L'emprunt de 1 million d'€ pour financer les Grands Travaux

        Les grands travaux de la Ville de Tréguier sont en bonne voie  pour 2013 ; la mise en lumière de la Cathédrale et du cloître est achevée ,  la passerelle Saint-François connaît certes un retard dû à son retour en Roumanie, le Palais épiscopal et le Centre-Ville sont en cours de travaux comme prévu. La Ville avait emprunté en 2011 , 1 million d'€ et 300 000 cette année pour financer ces investissements ; il était prévu d'emprunter un dernier million, en tenant compte des subventions obtenues,  pour boucler le financement.

        Le budget de 2012 va se clore avec, en investissement, un reste à réaliser de l'ordre de 2 300 000 € ; ces restes doivent obligatoirement, selon la logique de la comptabilité publique , être financés avant le 31 décembre. Actuellement notre dette se monte à 3 400 000 € elle va donc s'alourdir mais notre capacité de financement (que nous avons considérablement augmenté-x2-)  nous permet d'envisager sereinement  le remboursement des  annuités  (en maintenant une politique de rigueur stricte); en revanche notre capacité à emprunter à l'avenir  sera réduite  pendant une dizaine d'années.

Le Conseil Municipal a choisi l'offre du Crédit Agricole : 1 million d'€ au taux variable (2,66 %) sur une durée de 20 ans.(Unanimité sauf abstention de Michel Le Hénaff maire-adjoint)

        Il y a quelques mois , le Conseil Municipal avait  aussi  emprunté 900 000 € auprès du Crédit Mutuel pour refaire les pieux au Port de Plaisance (budget indépendant).  Ainsi , les élus ont  finalisé les financements des réalisations prévues dans le programme de la liste de Michel Sohier et cela sans augmenter les impôts.Cette stagnation des taux d'imposition  doit perdurer.Alexis Carrel et son ami Charles Lindberg avaient une résidence au Port-Blanc

- Le changement de nom de la rue Alexis Carrel

        Depuis les années 90, la Ville de Tréguier était sollicitée pour débaptiser la rue Alexis Carrel ; le prix Nobel de médecine de 1912 ( pionnier de la chirurgie vasculaire) étant contesté pour son attitude vichyste  et ses prises de position "eugéniste" entre les deux-guerres. Alexis Carrel et son ami Charles Lindberg avaient une résidence au Port-Blanc .

Alexis Carrell fut nommé par le Maréchal Pétain régent de la Fondation de Francaise pour l'étude des problèmes humains. Cette fondation soutient : "...il ne sert à rien d'augmenter la natalité si l'accroissement de la population se fait grâce à la fécondité d'éléments tarés. Il semble bien cependant que les allocations familiales telles qu'elles sont pratiquées aujourd'hui soient loin de favoriser la propagation des meilleures souches...". Alexis Carrel lui-même écrit : "la sélection naturelle n'a pas joué son rôle depuis longtemps...beacouup d'individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l'hygiène et de la médecine".

        Les élus ont suivi l'avis de la commission présentée par Henri Le Bellec et validé la proposition d'un nouveau nom : une femme, Irène Joliot-Curie, fille de Marie Curie, scientifique Prix Nobel de chimie en 1935, pacifiste, une des premières femmes secrétaires d'Etat du Front Populaire de Léon Blum. Elle séjournait souvent  avec son mari Frédéric Joliot dans la région ,à l'Arcouest avec ses amis de Sorbonne plage.

Vote à l'unannimité (sauf abstention de Michel Le Hénaff maire-adjoint)

Le CM en a profité aussi pour donner un nom à la ruelle longeant le cimetière du centre-ville et le cloître : "venelle du cloître".

 - L'avis du Conseil Municipal sur le maintien  du Port de Commerce à Tréguier.

        Le port de commerce  est un sujet  sensible à Tréguier. Depuis de le début de la mandature, l'existence d'activités  polluantes portuaires  alimentait les débats internes de la municipalité. En quelques années , les données ont changé, le trafic est devenu moins important et les principales pollutions ont disparu (ammonitrates, Kaolin...). Le Président du Conseil Général avait souhaité recueillir l'avis des élus de Tréguier. "Fatigué des discussions à n'en plus finir" , le maire a saisi pour la première fois le Conseil Municipal de la question et a demandé aux élus de se prononcer sur le maintien ou la suppression du port.

La presse a qualifié la séance de "tsunami verbal": le "conflit était latent , il a fini par exploser..." , "deux adjoints Michel Le Hénaff et Jean Le Merdy ont franchi un cap, ils se sont directement opposés au maire et à sa majorité..."

Michel le Hénaff a mis en cause l'attitude du Conseil Général et de son plan de référence et a dénoncé l'argument économique ; Jean Le Merdy est revenu sur les désagréments et les dangers de la pollution et le respect des normes.

Henri Le Bellec a souhaité livrer son observation historico-littéraire sur la vocation maritime de Tréguier. Indisposé par les bavardages des deux adjoints précédents, exacerbé par la remarque de l'adjoint aux travaux : "Oui monsieur le Professeur...", l'ancien Adjoint aux Affaires culturelles a brutalement quitté la séance en claquant la porte. Nous livrons ici l'intervention  en 3 points qu'il n'a pu terminer :

1- Tréguier est né de l'eau. Ses fondateurs sont arrivés comme vous le savez par la mer.  C'est dire l'ancienneté de notre port : une quinzaine de siècles .On est dans le symbole, mais c'est dire aussi combien il appartient à notre patrimoine. Témoin notre blason qui fait explicitement référence à sa vocation marine ( d'azur au vaisseau équipé et habillé d'argent).Envisager sa disparition , reviendrait à mon sens, à amputer une partie de notre histoire et partant de notre identité.   

2- Le port  a connu de par le passé, une activité très soutenue . Armateurs , courtiers en affaires martimes, marins , y ont tiré profits, contribuant  ainsi à la prospérité collective et au renom de la ville.

Aujourd'hui crise économique aidant, il souffre d'un déficit d'exploitation et de plus son frêt source de nuisances, ajoute aux préoccupations de tous. Des améliorations ont été apportées en ce sens, on en attend d'autres comme dans de nombreux  secteurs d'activités où le respect des normes environnementales est encore sujet à caution.Faut-il pour autant envisager toute cessation d'activités ? Une suppression peut s'avérer irréversible et l'on sait qu'il est plus facile de supprimer que de construire.

3- Aujourd'hui il génére encore des emplois. Peu, certes. 6 néanmoins , sans compter ceux qui peuvent être répertoriés en aval. Et en ces temps de crise, rien n'est négligeable. Envisager alors de nouvelles suppressions d'emplois, alors que leur préservation est une des priorités nationales, m'apparait contradictoire , sinon incompréhensible.Pour ma part je ne peux lire l'avenir du commerce maritime  ou des mini-croisières côtières autour des îles du Trégor si d'aventure ce type de tourisme se développait. Mais ce dernier type de développement n'est nullement inenvisageable. Dans ce cas de figure nous serions bien démunis.Et si l'activité commerciale et maritime retrouvait un regain d'activité dans les temps futurs ?

Nos prédécesseurs ont  refusé le plan de sauvegarde en 1989 et la rénovation de la ville qui y était envisagée. Bientôt près de trente ans plustard nous nous y sommes attelés , avec les lourds investissements que vous savez.Nous pourrions être confrontés au même cas de figure dans quelques décennies avec un projet , pourquoi pas, d' aménagement d'un nouveau port....N' hypothéquons donc pas l'avenir et conservons notre port même sous une forme réduite.Pour conclure, je regrette enfin qu 'à ma connaissance aucune solution alternative solide et pérenne n'ait été proposée susceptible d'exploiter l'espace libéré, si la décision de cessation des activités du port était prise. Après la friche à venir du domaine des Soeurs du Christ, je crains qu'une autre ne vienne  alors s'y ajouter  dans ce nouvel endroit ainsi déshérité..."

Louis Augès est intervenu prônant le "maintien du port dans un périmètre réduit" comme l'a proposé le maire.

La dernière intervention a été la mienne :

"- Tréguier a un port à marée en eau profonde, site presqu'unique dans le département, un port qui  nous met en relation avec le monde entier : Russie, Europe du Nord, Philippines...Actuellement on a une centaine d'emplois indirects ; veut-on les supprimer parce que ces emplois ne sont pas locaux ?  Les voies maritimes sont reconnues comme les plus économiques et les moins polluantes. Actuellement la sitaution économique internationale est incertaine, nous les politiques nous ne pouvons l'aggraver: il faut lutter contre la désindustrialisation de la région. Mais comment développer notre économie portuaire ? les battages médiatiques, les procédures judiciaires répétées, les "guérilla procédurales", c'est le meilleur moyen de faire fuir non seulement les investisseurs sur le port mais aussi de faire fuir  les décideurs économiques du pays de Tréguier. Que nous propose-ton depuis 5 ans en échange sur cette zone ? rien

- Les élus doivent prendre leur responsabilité même à notre niveau municipal ; notre profession de foi est un contrat qui nous lie aux Trécorrois : nous n'avons jamais indiqué que nous voulions la suppression du port de commerce mais nous avons promis un port moins polluant... les progrès sont indéniables.Sur l'avenir du port ,  les élus municipaux ont donné une image navrante de division municipale. Allons-nous continuer aujourd'hui ?

- Je ne sais si le port de commerce a un avenir certain ,mais je ne serai pas de ceux qui voteront les suppressions d'emplois ! J'ai envie de participer au défi de ceux qui pensent que Tréguier  ne doit pas devenir un musée, mais rester une cité active riche de son patrimoine, de sa culture, de son tourisme et de ses activités économiques. Je voterai donc  pour l'avenir des jeunes, je voterai donc pour le maintien de l'activité du port de commerce  réduit au périmètre proposé ".

      Le vote qui a suivi donne 11 voix  pour le maintien du port de commerce, 6 contre (Jean Le Merdy maire-adjoint au port, Michel le Hénaff maire adjoint aux travaux, Erwann Rivoallan,Jacky Thomas, Yves Meunier,Jean-Claude Kergaravat) et 3 abstentions (Anne Levesque, Marie-France Gaultier, Raymonde Hue). Après des échanges houleux, le CM a donc voté  à la majorité absolue le maintien d'un port de commerce à périmètre réduit.

Une question reste toutefois sans réponse "est-ce que les adjoints qui désavouent le maire peuvent rester adjoints" ?